Érétrie

Érétrie : l’Athénaion au sommet de l’acropole et l’occupation du plateau sommital aux périodes historiques

Sandrine Huber (Université de Lille, UMR 8164-HALMA)

L’acropole d’Érétrie depuis le Quartier de l’ouest
© ESAG, Andreas Voegelin.

Seule l’archéologie permet de restituer l’histoire du culte rendu à Athéna à Érétrie, qui ne transparaît ni dans les textes, ni dans le calendrier héortologique eubéen. Le sanctuaire consacré à Athéna par les Érétriens au sommet de leur acropole, victime d’une forte érosion, est conservé à l’état de lambeaux révélés par des fouilles conduites sur le plateau sommital de la colline en 1993-1995, 2006-2007 et 2014. À la grande abondance de céramique et, dans une moindre mesure, de figurines en terre cuite ainsi que d’autres catégories d’offrandes répondent des restes architectoniques ténus.

Le culte rendu à Athéna sur l’acropole était évidemment sans commune mesure avec ceux qui étaient célébrés en l’honneur d’Apollon Daphnéphoros, le dieu poliade, et d’Artémis Amarysia à Amarynthos, sans oublier celui de Dionysos, puisque les Dionysies et les Artémisia constituaient dès le IVe siècle les moments forts de la vie civique et religieuse des Érétriens. Nous appuyant sur les mobiliers mis au jour sur l’acropole, c’est une Athéna civique que nous restituons aux côtés d’une Artémis paneubéenne et d’un Apollon politique : durant plus de trois siècles (VIIe-IIIe siècle av. J.-C.), le corps civique des Érétriens a célébré un culte à Athéna au sommet de leur acropole ; par sa position dominante au sommet de la colline qui domine l’asty d’Érétrie, la déesse en assurait la défense en parfaite adéquation architecturale et fonctionnelle avec le rempart qui ceignait la ville et l’acropole. L’analyse des données archéologiques permet de préciser la séquence d’occupation du plateau sommital de l’acropole, entre sanctuaire d’Athéna et système défensif de la ville ; celle des mobiliers de restituer la séquence rituelle aux périodes archaïque, classique et au début de la période hellénistique.

Équipe

Guy Ackermann (École française d’Athènes, École suisse d’archéologie en Grèce), Delphine Ackermann (Université de Poitiers, UR 1571-HERMA), Solange Bernstein (Université de Bâle), Marie-Françoise Billot † (IRAA, CNRS, UMR 6222), Sylvian Fachard (Université de Lausanne, École suisse d’archéologie en Grèce), Kristine Gex (École suisse d’archéologie en Grèce), Denis Knoepfler (Collège de France, Université de Neuchâtel), Tobias Krapf (École suisse d’archéologie en Grèce), Pauline Maillard (UMR 5189-HISOMA, École suisse d’archéologie en Grèce), Catherine Martini (École suisse d’archéologie en Grèce), Patrice Méniel (CNRS, UMR 6298-ARTeHIS-Bibracte, Université de Bourgogne), Marek Palaczyk (Université de Zurich, École suisse d’archéologie en Grèce), Tamara Saggini (Université de Genève), Tatiana Théodoropoulou (Institut d’études avancées de Paris), Thierry Theurillat (École suisse d’archéologie en Grèce)

Pour en savoir plus

  • S. Huber, « L’Athénaion sur le plateau sommital de l’acropole à Érétrie », Antike Kunst 58, 2015, p. 132-136, pl. 21.1.
  • S. Huber, P. Maillard, « Cavaliers et dédicantes : les terres cuites de l’Athénaion et la communauté civique d’Érétrie », dans S. Huysecom-Haxhi, A. Muller (dir.), Figurines grecques en contexte : présence muette dans le sanctuaire, la tombe et la maison, Villeneuve d’Ascq : Presses universitaires du Septentrion, 2015, p. 157-177.
Plan des vestiges sur le plateau sommital de l’acropole d’Érétrie
© ESAG, Thierry Theurillat.
Échantillon du mobilier archéologique d’époque archaïque : fgurines en terre cuite, statuette en calcaire chypro-ionienne portant une dédicace à Athéna, fragments et propositions de restitutions de simas d’égout.
© ESAG, Andreas Skiadaressis, Jean-François Billot, Sandrine Huber, Yannis Nakas.