Karnak

Karnak : Les graffiti démotiques du domaine d’Amon-Rê

Ghislaine Widmer (Université de Lille, UMR 8164-HALMA), avec la collaboration de Didier Devauchelle (Université de Lille, UMR 8164-HALMA)

Graffito au nom d’un certain Pacherimen, très légèrement incisé sur le tore d’angle nord-est du mur d’enceinte de Thoutmosis III, décoré par Ramsès II
© Ghislaine Widmer, UMR 8164-HALMA.

Les monuments qui subsistent sur le site de Karnak sont décorés de nombreux textes hiéroglyphiques qui sont tout autant de sources officielles de l’histoire du pays, chaque souverain ayant souhaité, à partir du IIe millénaire avant notre ère, marquer de son nom ou de ses constructions ce sanctuaire majeur de la ville de Thèbes. Un regard attentif porté sur les parois des bâtiments permet de repérer, ici et là, de multiples témoignages d’une forme plus personnelle de relation avec la divinité, les « graffiti ». Ces incisions n’ont pas la connotation négative que ce terme revêt de nos jours : si des cas particuliers se rencontrent, comme la « malédiction » de Totoês reproduite ci-dessous, ces inscriptions sont avant tout l’un des moyens à disposition des Égyptiens, à côté du dépôt de statues ou de stèles, de perpétuer leur présence auprès du ou des dieux, en gravant leur nom à l’intérieur de l’enceinte d’Amon-Rê.

L’étude de ces textes a été entreprise en 2008 à la demande de Christophe Thiers, alors directeur du CFEETK, qui souhaitait que nous éditions les graffiti du petit temple de Ptah. Depuis, le projet s’est élargi à toute l’enceinte et se fait en lien avec une équipe oxonienne, qui est en charge des graffiti hiératiques, hiéroglyphiques et figurés des temples de Karnak. Si les graffiti démotiques qui subsistent sont plus modestes (par leur contenu et leur nombre) que leurs équivalents dans les autres écritures égyptiennes, ils occupent une place un peu particulière, tant par l’époque de leur rédaction que par le caractère parfois insolite des textes.

 

N.B. Le terme « démotique » désigne une écriture cursive, à côté de l’hiératique, employée avant tout dans le domaine administratif et utilisée entre le VIIe siècle avant J.-C. et le IIIe siècle de notre ère. 

Pour en savoir plus

  • G. Widmer, D. Devauchelle, « Une formule de malédiction et quelques autres graffiti démotiques de Karnak », Cahiers de Karnak 16 (Cinquantenaire CFEETK 1967-2017), p. 417-424.
  • G. Widmer, « Les graffiti démotiques du domaine d’Amon à Karnak : des chiffres et des lettres », Bulletin de la Société Française d’Égyptologie 201, 2019, p. 104-120.
La malédiction de Totoês contre Petearoêris
© CNRS-CFEETK / Émilie Saubestre.
Deux colonnes de chiffres gravés sur la pierre constituant une addition
© Didier Devauchelle, Ghislaine Widmer, UMR 8164-HALMA.