Zaldapa

Mission archéologique internationale à Zaldapa (Krushari, Bulgarie)

Georgi Atanasov (Musée historique régional de Silistra), Nicolas Beaudry (Université du Québec à Rimouski, membre visiteur de l’UMR 8164-HALMA), Albena Milanova (Université Saint-Clément-d'Ohrid de Sofia) et Dominic Moreau (Université de Lille, UMR 8164-HALMA)

 

 

Vue aérienne de Zaldapa en 2019, à partir du nord — au premier plan, le saillant nord du périmètre défensif et les chantiers de la Mission archéologique internationale ; plus loin, une toiture protège les vestiges des basiliques 3 et 4
© Nicolas Beaudry.

La forteresse aujourd’hui identifiée comme étant Zaldapa (village d’Abrit, commune de Krushari, Bulgarie) est le plus grand site tardo-romain de l’arrière-pays bas-danubien (25 ha grandement urbanisés, entourés d’un imposant mur faisant 2,05 km et composé de 32 tours). Zaldapa n’est cependant mentionné que dans sept sources écrites, datables des VIe-XIe siècles, alors que la cité aurait été abandonnée entre la fin du VIe ou le début du VIIe siècle. Le site n’a fait l’objet que de peu d’explorations archéologiques jusqu’en 2014, année du lancement d’une mission bulgare sur le terrain.

Dès 2018, celle-ci fut rejointe par une équipe internationale. Concentrés dans la partie septentrionale de la place forte, où les images satellitaires laissent moins entrevoir la trame urbaine que dans le reste de zone intra-muros, les travaux de la mission internationale ont concerné à ce jour (1) la porte nord de la forteresse et l’une de ses tours ; (2) une grande basilique paléochrétienne intra-muros, dont l’existence est connue depuis le début du XXe siècle, mais qui n’avait pas été fouillée ; (3) une poterne à l’ouest de celle-ci, de laquelle un couloir mène à une grande citerne couverte située en contrebas ; (4) une église tétraconque, dont le mobilier liturgique et un pavement de mosaïque sont préservés. À ces travaux s’ajoute une couverture LiDAR à l’échelle régionale.

Ces travaux de la mission internationale permettront de mieux comprendre la cité et son évolution durant l’Antiquité tardive, notamment les processus de sa christianisation et de sa militarisation. L’étude de Zaldapa contribuera également à une meilleure compréhension du destin des grands centres urbains des provinces danubiennes orientales de l’Empire romain à la fin de l’Antiquité.

Pour la période 2018-2022, la Mission archéologique internationale s’inscrit dans le cadre du projet DANUBIUS (ANR / I-SITE ULNE) et bénéficie du soutien financier du Conseil de recherche en Sciences humaines du Canada (CRSH).

Pour en savoir plus

  • D. Moreau, N. Beaudry, « La forteresse tardo-antique de Zaldapa (Bulgarie). Histoire du site et bilan des deux premières saisons de la mission achéologique internationale », Revue archéologique, sous presse.
  • N. Beaudry, B. M’Barek, D. Moreau, G. Atanasov, « Zaldapa. Un projet archéologique international », Dossiers d’archéologie, hors-série 40, 2021, p. 66-69.
  • D. Moreau, N. Beaudry , G. Atanasov, avec la collaboration de I. Valeriev, A. Milanova, B. M'Barek, E. Hobdari et I. Achim, « The Archaeology of the Late Roman City of Zaldapa: The Status Quaestionis in 2016 (with an Appendix on Seasons 2017–2019) », dans D. Moreau et al. (éd.), Archaeology of a World of Changes: Late Roman and Early Byzantine Architecture, Sculpture and Landscapes. Selected Papers from the 23rd International Congress of Byzantine Studies (Belgrade, 22–27 August 2016) – In memoriam Claudiae Barsanti, BAR Publishing, Oxford (BAR International Series, 2973), 2020, p. 35-55.
Plan du site en 2022, d’après des plans anciens, des photographiess satellitaires et des relevés sur le terrain
© Brahim M’Barek, avec Dominic Moreau, Nicolas Beaudry, Elio Hobdari et Martin Valchev.
La poterne et l'escalier menant à la citerne, 2021 — on découvre sur cette photo une partie de l'équipe internationale (de haut en bas) : Lyubomir Malinov (doctorant à l'Université Paul-Valéry - Montpellier 3), Brahim M'Barek (responsable d'opération chez Éveha, membre visiteur de l'UMR 8164-HALMA), Erikson Nikolli (étudiant de master à l'Université de Tirana) et Marine Rodé (doctorante à l'Université de Strasbourg), en compagnie d'ouvriers locaux
© D. Moreau.